J'ai des pigeons ; des pigeons que nous avons installés en volière, après les avoir eus en totale liberté durant plusieurs années ; l'ennui, c'est que ces volatiles, habitués à nous, avaient pris l'habitude d'élever leur progéniture sur le dessus de l'armoire de la cuisine, avec toutes les nuisances que vous pouvez imaginer ; d'où, leur installation en volière, le jour où vraiment j'ai perdu patience.
Ils s'y sont bien acclimatés, mais j'ai encore à améliorer du côté des cases, qui semblent en nombre insuffisant. Et, pour je ne sais quelle raison, aucune couvée n'arrive plus à maturité.
Ils s'y sont bien acclimatés, mais j'ai encore à améliorer du côté des cases, qui semblent en nombre insuffisant. Et, pour je ne sais quelle raison, aucune couvée n'arrive plus à maturité.
J'explique : les couples pondent bien, mais je retrouve souvent les oeufs à terre - pour une raison inexpliquée. Quand les oeufs ne finissent pas au sol, il arrive qu'ils soient couvés. Souvent, les parents délaissent les oeufs avant, disons, le temps moral, et.....rien. Parfois les oeufs éclosent, autre cas de figure, mais jamais plus ils ne mènent l'élevage des jeunes à terme. Un matin, j'arrive et je trouve les petits hors du nid, sur la planche d'envol, agonisants. Depuis le mois d'avril, j'ai donc vu échouer au moins quatre couvées.
Je me suis réjouie lorsque dernièrement, j'ai aperçu deux oeufs bien calés dans un angle d'une case ; j'ai surveillé discrètement la couvaison, me demandant que faire en cas d'abandon ? car retrouver ma couveuse, la régler pour des pigeons et tout le tintouin, ça aurait pris tant de temps que ça aurait échoué, les embryons ayant trop refroidis. Coup de chance : ils ont mené la couvaison à terme, et deux petits sont nés.
Mais ils n'ont pas mené l'élevage à terme, comme d'habitude. Un matin, j'ai retrouvé les deux petits hors du nid, amorphes et presques inanimés, et les parents occupés à autre chose. Cette fois, là colère m'a pris. " Ah, non, pas en perdre ENCORE ! " - et moi qui jamais ne m'étais essayée à l'élevage de jeunes oiseaux, j'ai attrapé les deux jeunes, et j'ai décidé de faire de mon mieux pour les élever.
Je me suis réjouie lorsque dernièrement, j'ai aperçu deux oeufs bien calés dans un angle d'une case ; j'ai surveillé discrètement la couvaison, me demandant que faire en cas d'abandon ? car retrouver ma couveuse, la régler pour des pigeons et tout le tintouin, ça aurait pris tant de temps que ça aurait échoué, les embryons ayant trop refroidis. Coup de chance : ils ont mené la couvaison à terme, et deux petits sont nés.
Mais ils n'ont pas mené l'élevage à terme, comme d'habitude. Un matin, j'ai retrouvé les deux petits hors du nid, amorphes et presques inanimés, et les parents occupés à autre chose. Cette fois, là colère m'a pris. " Ah, non, pas en perdre ENCORE ! " - et moi qui jamais ne m'étais essayée à l'élevage de jeunes oiseaux, j'ai attrapé les deux jeunes, et j'ai décidé de faire de mon mieux pour les élever.
Le poussin, c'est facile : il vient au monde en tenant déjà sur ses pattes, duveteux, yeux ouverts, capable de picorer dès le lendemain
Le pigeon, c'est autre chose ! Il naît nu (une vraie mocheté !), aveugle, ne sait pas tenir debout, et doit recevoir de ses parents une sorte de bouillie très nutritive qu'ils lui régurgitent et qu'il va chercher dans leur jabot ( beurk ; du vomi de pigeon. ) Il est quasi impossible de sauver un jeune orphelin du jour, tant il a besoin de cette sécrétion pour être protégé par les anticorps parentaux. (bin oui, ça tient lieu de colostrum...)
Par chance, les deux que j'ai récupéré avaient entre sept et dix jours, donc ça devait pouvoir coller. L'un des deux, trop mal en point, sans doute abîmé ( y a-t-il eu bagarre entre les couples ?), est mort le surlendemain... J'ai retroussé mes manches, et fait marcher mes méninges en mode "turbo".
Etape n°1 : réchauffer IMPERATIVEMENT LE PETIT. Sous sa mère, il est à 39°; Il ne saura pas réguler sa température avant plusieurs jours, il faut donc craindre autant l'hypothermie que le coup de chaleur. Je m'empresse d'attraper un grand saladier, dans le fond duquel je glisse une boîte ronde remplie d'eau presque bouillante, que je place au fond du saladier, recouverte d'un torchon plié en trois (la chaleur doit passer sans brûler) ; d'autres torchons entourent les flancs de la boîte, afin que si le petit venait à quitter le centre, il ne tombe pas entre la boîte et le saladier en se brûlant aux parois bouillantes. Puis je le dépose au milieu, sur la plate-forme ainsi créée. Et voilà mon pigeonneau au chaud pour 4 heures au moins : je devrais donc, toutes les 4 heures, renouveler l'eau chaude dans la boîte. Un petit bien réchauffé est actif, éveillé, et piaille. En hypothermie, il est froid et amorphe. En coup de chaleur, il a le bec ouvert, le coeur battant anormalement et il halète (ventilateur, humecter d'eau froide).
Par chance, les deux que j'ai récupéré avaient entre sept et dix jours, donc ça devait pouvoir coller. L'un des deux, trop mal en point, sans doute abîmé ( y a-t-il eu bagarre entre les couples ?), est mort le surlendemain... J'ai retroussé mes manches, et fait marcher mes méninges en mode "turbo".
Etape n°1 : réchauffer IMPERATIVEMENT LE PETIT. Sous sa mère, il est à 39°; Il ne saura pas réguler sa température avant plusieurs jours, il faut donc craindre autant l'hypothermie que le coup de chaleur. Je m'empresse d'attraper un grand saladier, dans le fond duquel je glisse une boîte ronde remplie d'eau presque bouillante, que je place au fond du saladier, recouverte d'un torchon plié en trois (la chaleur doit passer sans brûler) ; d'autres torchons entourent les flancs de la boîte, afin que si le petit venait à quitter le centre, il ne tombe pas entre la boîte et le saladier en se brûlant aux parois bouillantes. Puis je le dépose au milieu, sur la plate-forme ainsi créée. Et voilà mon pigeonneau au chaud pour 4 heures au moins : je devrais donc, toutes les 4 heures, renouveler l'eau chaude dans la boîte. Un petit bien réchauffé est actif, éveillé, et piaille. En hypothermie, il est froid et amorphe. En coup de chaleur, il a le bec ouvert, le coeur battant anormalement et il halète (ventilateur, humecter d'eau froide).
Etape n°2 : réhydrater le petit. Une seringue de 5 ml (sans l'aiguille, évidemment) fera l'affaire. Donner 1 ml d'eau miellée pour le réhydratée (la bonne vieille solution de glucose qu'on vous refourgue à l'hosto dans certains cas !). Eau+ miel, donc, 1 ml, puis encore 1 ml un quart d'heure plus tard. A ce stade, mon pigeonneau, réchauffé et tout requinqué, piaillait comme un hystérique en s'agitant dans tous les sens : il avait faim.
Etape n°3 : réalimenter le petit. Voui, mais donner quoi ? sous quelle forme ? quelques recherches plus tard, je savais que les premiers jours au moins, il lui fallait une sorte de "soupe" épaisse mais liquide, nutritive. Bon, réfléchissons : pigeon = granivore, donc, alimentation végétale. MAIS, il faut quand même des protéines......j'ai opté pour le mélange jaune d'oeuf dur + petits pois cuits (vive les conserves !) ; je dispose d'un presse-ail, petit objet bien utile pour presser tout ça en purée ; ça me sort une sorte de petits vermicelles que je râcle au couteau dans un ramequin, puis je dilue en rajoutant de l'eau tiède, 1 ml à la fois, jusqu'à la consistance souhaitée. j'aspire ça à la seringue, et hop ! on ouvre le bec (en pressant délicatement les commissures), et on envoie ça dans le jabot, 2 à 3 ml à chaque repas, toutes les 3 ou 4 heures. (vaut mieux 4 que 3, vaut mieux une bête un peu affamée que trop gavée). Le jabot doit former une petite boule molle. Jabot dur = indigestion = pigeonneau crevé. Il n'est pas interdit d'ajouter à cette soupe des vitamines pour oiseaux, au contraire. La bestiole est en pleine croissance, et doit sortir un plumage complet ! Vous allez mal dormir les premiers jours....car c'est même en pleine nuit, la becquée !
Trois ou quatre jours plus tard, on peut épaissir la "soupe" en "purée", et la donner en petites boulettes molles, sur le manche d'une cuiller en plastique, toutes les 4 heures, voire 5. Comme les bébés, il commence à "faire ses nuits", si vous donnez (très !) tard la dernière becquée et (bien !) tôt la première du lendemain. On peut alors passer à la pâtée déshydratée du commerce, qui a l'avantage de contenir tous les nutriments nécessaires, vitamines incluses ; c'est peu cher (moins de 5 €), il faudra bien 2 paquets pour élever le petit. En donner à chaque repas la valeur d'une cuiller à café, délayée à l'eau chaude (mais la donner tiède !) ; on peut commencer à le faire boire, en lui donnant, à la seringue au début, 1 ou 2 ml d'eau fraîche en fin de repas. Assez vite ( un jour ou deux), on pourra lui présenter de l'eau dans un ramequin, il apprendra à boire seul ! A ce stade, lui laisser alors de l'eau fraîche à disposition à volonté.
Mon rescapé avait les yeux tout juste ouverts quand je l'ai récupéré, et assez vite, j'ai délaissé la soupe en seringue pour la purée à la "cuiller" :
Etape n°3 : réalimenter le petit. Voui, mais donner quoi ? sous quelle forme ? quelques recherches plus tard, je savais que les premiers jours au moins, il lui fallait une sorte de "soupe" épaisse mais liquide, nutritive. Bon, réfléchissons : pigeon = granivore, donc, alimentation végétale. MAIS, il faut quand même des protéines......j'ai opté pour le mélange jaune d'oeuf dur + petits pois cuits (vive les conserves !) ; je dispose d'un presse-ail, petit objet bien utile pour presser tout ça en purée ; ça me sort une sorte de petits vermicelles que je râcle au couteau dans un ramequin, puis je dilue en rajoutant de l'eau tiède, 1 ml à la fois, jusqu'à la consistance souhaitée. j'aspire ça à la seringue, et hop ! on ouvre le bec (en pressant délicatement les commissures), et on envoie ça dans le jabot, 2 à 3 ml à chaque repas, toutes les 3 ou 4 heures. (vaut mieux 4 que 3, vaut mieux une bête un peu affamée que trop gavée). Le jabot doit former une petite boule molle. Jabot dur = indigestion = pigeonneau crevé. Il n'est pas interdit d'ajouter à cette soupe des vitamines pour oiseaux, au contraire. La bestiole est en pleine croissance, et doit sortir un plumage complet ! Vous allez mal dormir les premiers jours....car c'est même en pleine nuit, la becquée !
Trois ou quatre jours plus tard, on peut épaissir la "soupe" en "purée", et la donner en petites boulettes molles, sur le manche d'une cuiller en plastique, toutes les 4 heures, voire 5. Comme les bébés, il commence à "faire ses nuits", si vous donnez (très !) tard la dernière becquée et (bien !) tôt la première du lendemain. On peut alors passer à la pâtée déshydratée du commerce, qui a l'avantage de contenir tous les nutriments nécessaires, vitamines incluses ; c'est peu cher (moins de 5 €), il faudra bien 2 paquets pour élever le petit. En donner à chaque repas la valeur d'une cuiller à café, délayée à l'eau chaude (mais la donner tiède !) ; on peut commencer à le faire boire, en lui donnant, à la seringue au début, 1 ou 2 ml d'eau fraîche en fin de repas. Assez vite ( un jour ou deux), on pourra lui présenter de l'eau dans un ramequin, il apprendra à boire seul ! A ce stade, lui laisser alors de l'eau fraîche à disposition à volonté.
Mon rescapé avait les yeux tout juste ouverts quand je l'ai récupéré, et assez vite, j'ai délaissé la soupe en seringue pour la purée à la "cuiller" :
Ce n'est pas évident de nourrir une bestiole aussi agitée ! Un petit qui a faim ouvre le bec, piaille et bat des ailes ; repu, il se tait, se couche et s'endort. Il ne fera que dormir durant la première semaine, et a besoin de calme et de chaleur.
Après avoir été nounou-à-hérissons, me voici donc nounou-à-zoziau. :D
J'ai la fierté de ne pas m'en être trop mal tirée, et bien qu'il soit en retard de quelques jours pour faire sa plume, mon orphelin s'en tire pas mal ; vient le jour où il ne veut plus se laisser gaver, et commence à manger tout seul sa "purée" dans sa gamelle ! A ce stade, il a sorti une bonne partie de sa plume, tient bien debout, fait quelques pas. On peut, tout doucement, commencer à introduire de petites graines dans l'alimentation. Ne pas oublier l'eau, à disposition.
J'ai la fierté de ne pas m'en être trop mal tirée, et bien qu'il soit en retard de quelques jours pour faire sa plume, mon orphelin s'en tire pas mal ; vient le jour où il ne veut plus se laisser gaver, et commence à manger tout seul sa "purée" dans sa gamelle ! A ce stade, il a sorti une bonne partie de sa plume, tient bien debout, fait quelques pas. On peut, tout doucement, commencer à introduire de petites graines dans l'alimentation. Ne pas oublier l'eau, à disposition.
Le voici il y a deux jours : de mieux en mieux emplumé, il marche bien, et volera sans doute d'ici une semaine (les rémiges sont en train de sortir, pour l'instant il n'a pas encore assez de voilure pour soutenir son vol, mais il s'essaie déjà quand même !). Il sait boire seul, il a délaissé sa pâtée au profit des graines. A ce stade, comme il se déplace de plus en plus facilement, il a quitté son saladier pour arriver en cage. A 35 jours, il sera "sevré", et sera un jeune pigeon.....survivant ! - et sauvé. :D
Pour ma part, j'ai adoré le jour où il s'est essayé à manger seul et à passer aux graines, car enfin, il ne se cochonne plus partout, et je n'ai plus cette pâtée gluante plein les doigts quand je le nourris ! car oui, c'est "petit goret" pendant les premiers temps. :D
J'ai ainsi appris que je pouvais quelque chose pour un oiseau granivore orphelin, et je crois qu'à l'avenir mon cheptel aviaire ne connaîtra plus les désastres des années passées. OUF !!!
J'ai ainsi appris que je pouvais quelque chose pour un oiseau granivore orphelin, et je crois qu'à l'avenir mon cheptel aviaire ne connaîtra plus les désastres des années passées. OUF !!!

























