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mercredi 29 août 2012

Animal rescue 2


J'ai des pigeons ; des pigeons que nous avons installés en volière, après les avoir eus en totale liberté durant plusieurs années ; l'ennui, c'est que ces volatiles, habitués à nous, avaient pris l'habitude d'élever leur progéniture sur le dessus de l'armoire de la cuisine, avec toutes les nuisances que vous pouvez imaginer ; d'où, leur installation en volière, le jour où vraiment j'ai perdu patience.

Ils s'y sont bien acclimatés, mais j'ai encore à améliorer du côté des cases, qui semblent en nombre insuffisant. Et, pour je ne sais quelle raison, aucune couvée n'arrive plus à maturité.

J'explique : les couples pondent bien, mais je retrouve souvent les oeufs à terre - pour une raison inexpliquée. Quand les oeufs ne finissent pas au sol, il arrive qu'ils soient couvés. Souvent, les parents délaissent les oeufs avant, disons, le temps moral, et.....rien. Parfois les oeufs éclosent, autre cas de figure, mais jamais plus ils ne mènent l'élevage des jeunes à terme. Un matin, j'arrive et je trouve les petits hors du nid, sur la planche d'envol, agonisants. Depuis le mois d'avril, j'ai donc vu échouer au moins quatre couvées.

Je me suis réjouie lorsque dernièrement, j'ai aperçu deux oeufs bien calés dans un angle d'une case ; j'ai surveillé discrètement la couvaison, me demandant que faire en cas d'abandon ? car retrouver ma couveuse, la régler pour des pigeons et tout le tintouin, ça aurait pris tant de temps que ça aurait échoué, les embryons ayant trop refroidis. Coup de chance : ils ont mené la couvaison à terme, et deux petits sont nés.

Mais ils n'ont pas mené l'élevage à terme, comme d'habitude. Un matin, j'ai retrouvé les deux petits hors du nid, amorphes et presques inanimés, et les parents occupés à autre chose. Cette fois, là colère m'a pris. " Ah, non, pas en perdre ENCORE ! " - et moi qui jamais ne m'étais essayée à l'élevage de jeunes oiseaux, j'ai attrapé les deux jeunes, et j'ai décidé de faire de mon mieux pour les élever.

Le poussin, c'est facile : il vient au monde en tenant déjà sur ses pattes, duveteux, yeux ouverts, capable de picorer dès le lendemain

Le pigeon, c'est autre chose ! Il naît nu (une vraie mocheté !), aveugle, ne sait pas tenir debout, et doit recevoir de ses parents une sorte de bouillie très nutritive qu'ils lui régurgitent et qu'il va chercher dans leur jabot ( beurk ; du vomi de pigeon. ) Il est quasi impossible de sauver un jeune orphelin du jour, tant il a besoin de cette sécrétion pour être protégé par les anticorps parentaux. (bin oui, ça tient lieu de colostrum...)

Par chance, les deux que j'ai récupéré avaient entre sept et dix jours, donc ça devait pouvoir coller. L'un des deux, trop mal en point, sans doute abîmé ( y a-t-il eu bagarre entre les couples ?), est mort le surlendemain... J'ai retroussé mes manches, et fait marcher mes méninges en mode "turbo".

Etape n°1 : réchauffer IMPERATIVEMENT LE PETIT. Sous sa mère, il est à 39°; Il ne saura pas réguler sa température avant plusieurs jours, il faut donc craindre autant l'hypothermie que le coup de chaleur. Je m'empresse d'attraper un grand saladier, dans le fond duquel je glisse une boîte ronde remplie d'eau presque bouillante, que je place au fond du saladier, recouverte d'un torchon plié en trois (la chaleur doit passer sans brûler) ; d'autres torchons entourent les flancs de la boîte, afin que si le petit venait à quitter le centre, il ne tombe pas entre la boîte et le saladier en se brûlant aux parois bouillantes. Puis je le dépose au milieu, sur la plate-forme ainsi créée. Et voilà mon pigeonneau au chaud pour 4 heures au moins : je devrais donc, toutes les 4 heures, renouveler l'eau chaude dans la boîte. Un petit bien réchauffé est actif, éveillé, et piaille. En hypothermie, il est froid et amorphe. En coup de chaleur, il a le bec ouvert, le coeur battant anormalement et il halète (ventilateur, humecter d'eau froide).

Etape n°2 : réhydrater le petit. Une seringue de 5 ml (sans l'aiguille, évidemment) fera l'affaire. Donner 1 ml d'eau miellée pour le réhydratée (la bonne vieille solution de glucose qu'on vous refourgue à l'hosto dans certains cas !). Eau+ miel, donc, 1 ml, puis encore 1 ml un quart d'heure plus tard. A ce stade, mon pigeonneau, réchauffé et tout requinqué, piaillait comme un hystérique en s'agitant dans tous les sens : il avait faim.

Etape n°3 : réalimenter le petit. Voui, mais donner quoi ? sous quelle forme ? quelques recherches plus tard, je savais que les premiers jours au moins, il lui fallait une sorte de "soupe" épaisse mais liquide, nutritive. Bon, réfléchissons : pigeon = granivore, donc, alimentation végétale. MAIS, il faut quand même des protéines......j'ai opté pour le mélange jaune d'oeuf dur + petits pois cuits (vive les conserves !) ; je dispose d'un presse-ail, petit objet bien utile pour presser tout ça en purée ; ça me sort une sorte de petits vermicelles que je râcle au couteau dans un ramequin, puis je dilue en rajoutant de l'eau tiède, 1 ml à la fois, jusqu'à la consistance souhaitée. j'aspire ça à la seringue, et hop ! on ouvre le bec (en pressant délicatement les commissures), et on envoie ça dans le jabot, 2 à 3 ml à chaque repas, toutes les 3 ou 4 heures. (vaut mieux 4 que 3, vaut mieux une bête un peu affamée que trop gavée). Le jabot doit former une petite boule molle. Jabot dur = indigestion = pigeonneau crevé. Il n'est pas interdit d'ajouter à cette soupe des vitamines pour oiseaux, au contraire. La bestiole est en pleine croissance, et doit sortir un plumage complet ! Vous allez mal dormir les premiers jours....car c'est même en pleine nuit, la becquée !

Trois ou quatre jours plus tard, on peut épaissir la "soupe" en "purée", et la donner en petites boulettes molles, sur le manche d'une cuiller en plastique, toutes les 4 heures, voire 5. Comme les bébés, il commence à "faire ses nuits", si vous donnez (très !) tard la dernière becquée et (bien !) tôt la première du lendemain. On peut alors passer à la pâtée déshydratée du commerce, qui a l'avantage de contenir tous les nutriments nécessaires, vitamines incluses ; c'est peu cher (moins de 5 €), il faudra bien 2 paquets pour élever le petit. En donner à chaque repas la valeur d'une cuiller à café, délayée à l'eau chaude (mais la donner tiède !) ; on peut commencer à le faire boire, en lui donnant, à la seringue au début, 1 ou 2 ml d'eau fraîche en fin de repas. Assez vite ( un jour ou deux), on pourra lui présenter de l'eau dans un ramequin, il apprendra à boire seul ! A ce stade, lui laisser alors de l'eau fraîche à disposition à volonté.

Mon rescapé avait les yeux tout juste ouverts quand je l'ai récupéré, et assez vite, j'ai délaissé la soupe en seringue pour la purée à la "cuiller" :




Ce n'est pas évident de nourrir une bestiole aussi agitée ! Un petit qui a faim ouvre le bec, piaille et bat des ailes ; repu, il se tait, se couche et s'endort. Il ne fera que dormir durant la première semaine, et a besoin de calme et de chaleur.


Après avoir été nounou-à-hérissons, me voici donc nounou-à-zoziau. :D


J'ai la fierté de ne pas m'en être trop mal tirée, et bien qu'il soit en retard de quelques jours pour faire sa plume, mon orphelin s'en tire pas mal ; vient le jour où il ne veut plus se laisser gaver, et commence à manger tout seul sa "purée" dans sa gamelle ! A ce stade, il a sorti une bonne partie de sa plume, tient bien debout, fait quelques pas. On peut, tout doucement, commencer à introduire de petites graines dans l'alimentation. Ne pas oublier l'eau, à disposition.



Le voici il y a deux jours : de mieux en mieux emplumé, il marche bien, et volera sans doute d'ici une semaine (les rémiges sont en train de sortir, pour l'instant il n'a pas encore assez de voilure pour soutenir son vol, mais il s'essaie déjà quand même !). Il sait boire seul, il a délaissé sa pâtée au profit des graines. A ce stade, comme il se déplace de plus en plus facilement, il a quitté son saladier pour arriver en cage. A 35 jours, il sera "sevré", et sera un jeune pigeon.....survivant ! - et sauvé. :D



Pour ma part, j'ai adoré le jour où il s'est essayé à manger seul et à passer aux graines, car enfin, il ne se cochonne plus partout, et je n'ai plus cette pâtée gluante plein les doigts quand je le nourris ! car oui, c'est "petit goret" pendant les premiers temps. :D

J'ai ainsi appris que je pouvais quelque chose pour un oiseau granivore orphelin, et je crois qu'à l'avenir mon cheptel aviaire ne connaîtra plus les désastres des années passées. OUF !!!


dimanche 26 août 2012

Animal rescue 1


J'ai eu un été bien occupé !

J'ai reçu un jour un coup de fil d'une de mes copines :
- << Allô, Anne ? c'est Anne ! dis, c'est toujours d'accord pour que je te mette des hérissons sauvés en réintroduction chez toi ? >>

Ma copine Anne, munie de documents officiels en bonne et due forme l'autorisant à la détention d'animaux sauvages protégés à des fins de sauvegarde et de réintroduction en milieu naturel, fait partie d'une association récupérant les hérissons blessés, orphelins, malades, qu'elle élève, soigne, nourrit, et relâche.

Vous me connaissez ? bien sûr que je dis oui !!!

Et voilà donc la copine qui débarque, avec parc mobile, habitations, abreuvoir, nourrisseur, et 4 hérissons à réhabituer (ou à habituer !) à vivre seuls en pleine nature. Nous installons tout ça dans le pré du bas, à l'ombre, et dûment lestée de croquettes pour chatons à distribuer chaque soir, me voici nounou d'oursins à pattes.

D'abord, nous pesons les bêtes avant de les mettre dans le parc ; il est important d'en connaître la masse, car les bêtes, stressées par le changement de territoire, vont perdre forcément un peu de poids dans les jours suivants ; nous les pèserons tous les deux jours, car elles ne doivent pas perdre plus de 100 g, elles tomberaient malades. Une marque de couleur permettra de les reconnaître si d'aventure, plus tard, j'avais l'occasion de les recroiser (ou de les retrouver aplatis sur la route....hélas.)

Le hérisson est un animal exclusivement nocturne, qui reste au nid le jour. Il vadrouille la nuit en quête de nourriture ou d'un(e) semblable, et revient à son nid avant le lever du jour. Ses déplacements sont assez bruyants, à cause de ses épines, et il "cause" beaucoup, grognonnant lorsqu'il mange.


Le hérisson ne peut pas se gratter le dos, c'est pourquoi la vermine lui grouille souvent dessus ; il s'en accommode, sauf lorsqu'il est malade : là, ça contribue souvent à l'affaiblir encore davantage, c'est pourquoi les hérissons blessés récupérés sont dépucés. Il ne peut pas se gratter : c'est aussi pourquoi il est nocturne. Car les mouches ne volent pas la nuit, et c'est heureux ! un hérisson dérangé, par contre, risque de se trouver en vadrouille, et court un danger mortel. Les mouches, en effet, viennent pondre entre ses piquants....et la pauvre bête est alors dévorée vive par les asticots.

Si d'aventure vous croisez un hérisson actif en plein jour, c'est un animal dont on vient de déranger le nid ! hâtez-vous d'attraper un torchon (ça pique...), et de mettre l'animal à l'ombre, sous des herbes, des feuilles sèches, du foin, de la paille....sous un buisson, qu'il retourne à l'obscurité et à l'abri des mouches au plus vite ! Et dites-vous que des petits sont peut-être en danger de mort, si c'est une femelle qui se balade.....


Les hérissons que j'ai eu en nourrice sortaient donc la nuit, pour explorer leur nouveau territoire, au début matérialisé par le grillage. C'est clair qu'ils ont bien pique-niqué sur les lieux ; tous les soirs, je leur remplissait leurs gamelles de croquettes pour chatons, et j'enlevais la gamelle au matin, afin qu'ils ne soient pas incités à sortir dans le jour. Il faut que les animaux soient menés autant que possible au plus près de leurs conditions de vie sauvages, car ils sont destinés à quitter la proximité humaine pour retourner à la nature ; nous ne sommes que des sauveteurs bienveillants, pas des dieux dont ils doivent désormais dépendre.

Au bout de quelques jours, quand, après le stress du changement d'habitat, ils ont perdu, puis retrouvé, voire dépassé, leur poids initial à la mise en parc, nous enlevons le parc, tout en laissant les nids et les mangeoires et abreuvoirs ; ils sortent ainsi vadrouiller et chasser chaque nuit, revenant au nid chaque matin....jusqu'au jour où assez hardis, ils ne reviennent plus ; ils sont repartis à leur vie. La copine récupère alors tout son matériel, qui servira aux suivants qui, soignés, ou devenus assez grands, avec le bon poids, retourneront à leur tour à la vraie vie des hérissons : une liberté totale, loin des humains.

Sur cette "tournée"-là, seuls 3 des bêtes sont retournées à la vie sauvage ; il a fallu récupérer l'un d'entre-eux, probablement trop habitué à l'humain, qui devenait anorexique en parc, et risque, hélas, de ne plus pouvoir vivre qu'en cage : l'humain l'aura trop imprégné....cet animal, confié à l'association avant l'été, a sans doute été capturé il y a quelques mois et aura amusé des gamins et une famille ignorante....jusqu'au départ en vacance, ou on s'est enfin "préoccupé de son avenir" (sic. no comment.).

A savoir :

- Le hérisson se nourrit d'insectes, tels que sauterelles,criquets, hannetons, petites limaces, escargots, araignées, et parfois de petits oeufs tombés des nids ou de petites baies bien mûres. Le hérisson mangeur de couleuvres ou de vipère est un peu un mythe : ils ne se croisent que bien rarement, les uns étant diurnes et l'autre nocturne.----> de grâce, épargnez-lui les anti-limaces dans vos jardins, qui le réduisent à la famine !!!!

- Ne laissez rien traîner : les boîtes de conserves vides, filets de protections, fosses, piscines, bassins, deviennent pour lui des pièges mortels ; il ne peut s'en dégager seul....

- Son espérance de vie était de 10 ans ; de nos jours, avec notre façon de vivre, un hérisson atteint rarement 2 ans. Quel gâchis !

- A la fin de l'été, il doit peser au moins 600g pour pouvoir survivre à l'hiver.

Ce que vous pouvez faire pour lui :

- Avant de mettre le feu à un tas de broussailles ou de bois, regardez si personne n'habite dedans - surtout si les tas en question est resté longtemps entreposé. (combien périssent brûlés vifs chaque année !)

- Avant de tailler les haies, de passer le coupe-bordure, assurez-vous qu'aucun hérisson n'y a fait de nid...

- Soyez attentifs à ce que fait votre chien quand vous êtes en vadrouille, il peut sentir un nid et croquer ce qu'il y a dedans....

- Pesticides et anti-limaces sont des produits mortels ; bannissez les Métaldéhydes.

- Accrochez, au bord de vos bassins et piscines enterrées, une longueur de grillage fin plastifié, pas trop large, bien fixée au bord, après quoi il pourra s'accrocher et sortir, au lieu de mourir d'épuisement et de noyade parce que les bords sont trop hauts.....

- NE DONNEZ JAMAIS DE PAIN NI DE LAIT !!!! Vous le tueriez de diarrhées. Éventuellement, un bol d'eau fraîche et un peu de croquettes chats ou chatons seront tout à fait satisfaisantes.

- Vous pouvez laisser pour eux, dans un coin du jardin, une caisse renversée sur le côté bourrée de paille, foin, feuilles mortes bien sèches, devant laquelle vous disposerez de vielles bûches en laissant un passage d'une dizaine de cm pour entrer - orientez l'ouverture au sud-est.

- en ville, surveillez vos grillages, il arrive qu'ils s'y coincent et y meurent....

Et vous trouverez encore pleins d'infos sur le site du hameau des hérissons !!!


lundi 27 février 2012

Lundi, beau temps, ciel bleu, plus de 10°.


Intermède.


Tautavel : " Douce, tu dors ? "

Douce : " Mvoui...laisse-moi....c'qu'y a ? "

Tautavel : " On est bien, hein ? "

Douce : " M'en cause pas...chuis en pleine crise de nerfs, là....."

Tautavel : " Un beau lundi ! C'est pas le jour où les humains reprennent leur agitation frénétique ? "

Douce : " Si...mais tu sais, cette variété de primates a toujours été un peu frappée...une erreur de la nature quoi ! "

Tautavel : " Oui.....quand je pense au bonheur qu'ils perdent...."

Douce : "Bah....ils ont choisi leur destin, hein...allez, t'occupe, dors....."

Tautavel : " Mmmmmffff " (profond soupir) - [se rendort].

mardi 6 septembre 2011

Le voisin


Dans le grand noyer de la voisine, dont quelques branches surplombent mon jardin, j'ai un voisin très affairé. Il est en haut, il est en bas, il est à droite, il est à gauche, il est partout et on ne voit que lui quand il est là. Les pies l'insultent copieusement quand il passe par "leur" arbre, et lui-même jase et cause beaucoup. Il crie, il grognonne, il marmonne, il piaille, et il m'insulte tout aussi copieusement quand je m'approche !

Mais si je ne fais pas de bruit, et qu'alors je me fige, il se rassure, et tout en me lorgnant du coin de l'oeil, il vaque à ses occupations.

Cette bestiole est une fête à regarder. Il est seul, et de ce fait n'est pas une gêne ; en outre, il ne ravage pas les jardins.





Et moi, je commence à ramasser les noix neuves, ce qui l'intrigue beaucoup ! je lui paraîs une drôle de congénère : je n'ai même pas de queue en panache, moi ! :))

mardi 2 février 2010

Les bons souvenirs....


Quand je faisais de l'élevage....

Dès janvier, je commençais à me faire du souci. Les mise-bas approchaient, et la température n'était pas toujours assez clémente dans l'étable.....

Je regardais le flanc rond des biquettes en surveillent leurs moindre frémissement : il ne s'agissait pas de laisser passer l'affaire, et d'arriver après la bataille !

Il est donc arrivé que, devant des froids à faire péter la pierre, je fasse une exception pour les chevreaux précoces, et que j'invite l'une ou l'autre biquette à faire son bébé....à la cuisine, devant le feu.



Evidemment, ça a été rarissime, les chevreaux étant rarement arrivés en Janvier, car je faisais en sorte de "programmer" les naissances vers Mars, en choisissant à quelle date je laissais le mâle avec les mères ; mais il arrivait parfois des accidents de parcours....des évasions du monsieur.....



Quand le moment crucial arrivait, le plus gros du troupeau mettant bas en même temps ou quasi, j'habitais pratiquement l'étable jour et nuit, surveillant pour intervenir rapidement en cas de pépin : petit mal placé arrivant par le siège, bébé mort-né qu'il fallait sortir de la mère, la main broyée dans l'utérus par les contractions, mère novice qui faisait un petit dans un angle, puis le laissait en plan pour aller faire le second à l'autre bout de l'étable, poche des eaux pas percée nécessitant d'agir vite pour éviter que le petit ne se noie, l'écrasement du cordon au passage du petit déclenchant la première inspiration.....

Je m'en suis fait, du souci, chaque année !

Le début de la phase de travail, c'est toujours le même : la dilatation ; le corps se prépare, les os du bassin s'élargissent, et on entend leur claquement quand ils s'écartent, le travail commence, les premières contractions poussent la poche des eaux à se frayer le passage et préparer le chemin.

La poche des eaux apparaît enfin.....



et se perce, laissant apparaître deux petits pieds encore tous mous, et il s'agit de bien voir s'il s'agit de pattes de devant, position convenable, ou de patte arrières, mise-bas compliquée ! La plupart des petits se positionnent tête la première, "en plongeur", pattes de devant étendues et museau entre les pattes ; parfois, on voit poindre le petit nez avant les pattes, repliées sous le petit, qu'il faut alors aller chercher à l'intérieur à grand-peine, car sinon tout coince, et le chevreau meurt, étouffé, ne pouvant pas passer......



Enfin on voit apparaître le petit, d'abord un gros nez, puis la tête se fraie un passage, en même temps que les deux pattes avant, ça ne plaît pas toujours à la maman.....et bien que la plupart soient stoïques, c'est à peu près le seul moment où certaines crient de douleur.



Il arrive, comme ci-dessus, que la poche des eaux ne perce pas et que le petit paraisse entouré de ses membrannes ; en général elle se déchire quand le petit glisse hors de sa mère, et tant mieux, mais parfois il faut aider.



Enfin le chevreau est là, et la mère le nettoie soigneusement, en attendant l'expulsion du ou des placentas, quand il y a deux petits ; les vrais jumeaux sont rares, en dix ans je n'en ai jamais vu, j'ignore même s'il y en a. les jeunes femelles n'ont souvent qu'un petit, puis deux les années suivantes.



Il aura fallu plusieurs heures de "travail" préparatoire, la dilatation prend une bonne demi-heure, de même que la mise-bas proprement dite ; il faudra entre une demi-heure et trois quarts d'heure avant que le petit n'essaie de se lever et ne fasse ses premiers pas, pour chercher à têter. Le placenta se décroche entre une demi-heure et une heure après.

Le chevreau crie presque tout de suite, et sa mère lui répond.

J 'aimais ça. Dans le silence de la nuit, à la lueur pisseuse du néon de l'étable, aller de l'une à l'autre et voir toutes ces petites vies toutes neuves se déployer dans la bonne odeur de paille fraîche.

J'ai vraiment aimé ça.

jeudi 11 juin 2009

Interlude

Pour cause d'occupations variées, et en attendant mieux...







Un peu de sérénité ne saurait nuire. Horace-le-roux, Bakounine-le-noir et leur frère - hélas disparus - ont le plaisir de vous tenir compagnie.

mardi 2 juin 2009

comportement des équidés



Fais dodo, dada mon pt'it frère....

Nous avons, à la maison, trois ânes et un poney. En général, les ânes sont groupés ensembles, très proches physiquement, et le poney reste à quelque distance du groupe, mais toujours à portée de vue.

Nous avons facilité les liens âne/poney, pour intégrer celui-ci, dernier arrivé, en sortant les bêtes en promenade par paires : les deux plus petits ânes ensembles, le poney et l'âne entier ensembles, ce qui a eu pour effet de rapprocher le poney des ânes.

Nous avons eu la surprise de constater que de même qu'ils broutent en "groupe" suivant ce qu'ils sont (le poney, hélas, constituant un groupe de 1), de même ils dorment de la même manière, mais toujours dans une certaine proximité physique : ils ne sont jamais hors de vue les uns des autres.

Voyez : quand le poney dort (et là il est à fond, le titi !), les ânes l'entourent, disposés autour de lui, et dorment, eux, après ou avant lui, ensembles, tandis qu'il veille.

Ainsi va la vie dans les verts pâturages...

Nota : pour profiter au mieux des photos, si vous cliquez dessus, pensez à zoomer arrière (75%), l'agrandissement n'est pas heureux ! n'omettez pas de revenir à 100% avant de quitter la photo, vous auriez une surprise en revenant sur l'article !

samedi 23 mai 2009

chaud, le lapin, chaud !



Lapin-doudou pour p'tits biquets

D'aucuns se demandent : à part comme jouet pour les gamins ou nourriture à cuisiner, que faire avec un lapin nain ?

Eh bien voici : vous prenez, par exemple, un mâle (en l'occurrence : variété polonaise - blanc aux yeux BLEUS), que vous souhaitez séparer des femelles suite à croissance exponentielle.

Vous l'introduisez dans l'étable avec les biquettes parce qu'on ne va tout de même pas encager ce sympathique petit animal qui a besoin de sauter, courir, s'ébattre et cabrioler.

Et vous avez la surprise de le voir, au moment des mises-bas, se transformer en lapin-doudou, de sa propre initiative.

Les chevreaux, quand on les laisse avec les mères, passés les deux-trois premiers jours se regroupent spontanément en "nursery" dans une zone tranquille de l'étable ; et Lilas, petit lapin esseulé, pendant toute sa vie, année après année, entre la naissance des petits et leur sevrage, avait choisi de dormir au milieu d'eux, gentil, les oreilles mouillées. Mouillées ? oui oui : car les bébés - un de chaque côté - trouvaient bon de lui tétouiller les oreilles avant de s'endormir, quand maman avait décidé que ce n'était pas encore l'heure de téter !

Auriez-vous imaginé autant d'abnégation chez un si p'tit lapin ?

Jamais Lilas ne faillit à la tâche qu'il s'était fixée, et j'eus ainsi un "lapin-au-pair" pour endormir les p'tits biquets....