Mon Berry en Novembre est pays de tempête.
Agités sous le vent ses arbres torturés...
Souffletés par la pluie ses vieux murs écorchés.....
Mon Berry en Novembre est pays de tempête.
Mon Berry en Novembre est pays de froidure.
Mouillés les chemins creux chiffonnés d'herbes folles...
Désertées les pâtures jaunissantes et roncées....
Mon Berry en Novembre est pays de froidure.
Mon Berry en Novembre est pays délaissé.
Ses ciels gris bleutés le couvrent de rêves morts,
Et s'assoupissent alors les grands troncs sous le vent.
Mon Berry en Novembre est pays délaissé.
Mon Berry en Novembre est la mélancolie
Des saules sous la pluie secouant leurs bras immenses
Et des cris des corbeaux soulevant le silence.
Mon Berry en Novembre est la mélancolie.
Et mes soirs se ressemblent à guetter aux fenêtres
Le vol lent des hérons au loin sur les eaux grises.
Anne, 14 novembre 2010.
Magnifique ! Du grand art, cette façon dont tu nous donnes en même temps envie d'y venir regarder par la fenêtre alors qu'un feu crépite par la fenêtre et de fuir vers des endroits plus chauds. Bravo.
RépondreSupprimerWoaaaaaaanne, c'est très beau!
RépondreSupprimerje respire et reviens!
Bises à l'unisson,
Couvre, ma Douç'anne, ton coeur, bien l' emmitouffle
RépondreSupprimerqu'il ne s'effraie point des arbres agités - de rêves d'été peut être...
des murs écorchés - par l'amoureuse course des mulots...?
qu'il ne prenne pas froid, accoudé au grisbleu des cieux désertés - de leurs étoiles rieuses...
qu'il ne gerce pas sous le vent comme geignent les grands bouleaux
et s'il n'a pas le coeur à faire le parapluie, s'ouvrant aussi large
que les saules déchirés par les cris noirs d'oiseaux,
Berce-le, ce doux coeur,
approche-le encore des rideaux entrouverts
et laisse-le boire à satiété le lent vol des hérons,
un jour, ragaillardi, étirera ses ailes, et nourri de ce baume
palpitera bien plus grand
"il automne à pas furtifs
RépondreSupprimeril automne à pas feutrés" (Barbara)
elle aussi, l'a tant aimé l'automne...
http://www.youtube.com/watch?v=eacApLL9mUQ
merci, pour ton ode à "il automne", elle morte à l'automne... un 26 novembre... ton "pouaime" me fait penser à elle.
De Berry je ne connais que Jules et Richard,mais le tien fait envie...
RépondreSupprimerTu es triste, Anne ?
RépondreSupprimerMa Bourgogne à moi, qui ressemble assez à ton Berry, ne m'inspire par le même novembre.
Tu es triste, Anne ? Ton très beau texte est ce qu'épithète mais tu es triste ?
Alors bisou
s.
Avec ou sans Richard et son dernier pour la route... c'est en quelque sorte Berry en la demeure;
RépondreSupprimerComme une belle plume qui vole ,toute mouillée et pleine de grâce, dans sa mélancolie.
../..."C'est les yeux des chiens
Quand il pleut des os
C'est les bras du Bien
Quand le Mal est beau
C'est quelquefois rien
C'est quelquefois trop
La mélancolie
C'est voir dans la pluie
Le sourire du vent
Et dans l'éclaircie
La gueule du printemps
C'est dans les soucis
Voir qu'la fleur des champs
La mélancolie
C'est regarder l'eau
D'un dernier regard
Et faire la peau
Au divin hasard
Et rentrer penaud
Et rentrer peinard
C'est avoir le noir
Sans savoir très bien
Ce qu'il faudrait voir
Entre loup et chien
C'est un désespoir
qu'a pas les moyens."
-Léo Ferré-
;-)
Anne, tu me fais pleurer.
RépondreSupprimerBelle soirée,
Roger
C'est bien ça. Je le reconnais à travers tes mots notre Berry. Merci
RépondreSupprimerBravo pour cette évocation du Berry sous le vent...ce poème m'a fait un peu penser au "Vent" de Verhaeren.
RépondreSupprimerMais dans le Berry en automne, il y a aussi de très belles couleurs dorées dans les feuillages ! Et des lumières magnifiques...
@ Bluebird : Merci, l'Oiseau ! Je suis heureuse que cela te plaise...
RépondreSupprimer@ Dom : Jolie réponse, ma Domibelle, suis très contente de t'inspirer ! Merci !
RépondreSupprimer@ Lucia : je l'écoute encore volontiers, la longue dame brune, j'aime beaucoup ses chansons.
RépondreSupprimerIl y a d'ailleurs souvent bien des voix autres derrière nos mots, tu sais bien...:)
@ Manouche : merci de me visiter ! Je suis bien contente qu'il te tente, il est beau mon Berry, mais ça saute pas aux yeux - il faut le laisser venir en soi, en non le traverser....relis " le Grand Meaulnes" ? éventuellement ; tu entendras sa voix...:)
RépondreSupprimer@ Shaton (tu permets ? j'aime bien ce pseudo de tes débuts !) : merci ! Triste ? mmmmmmh......je ne sais pas, je ne suis pas très sûre que ça soit cela ; un certain spleen, oui, doux et mélancolique, en tout cas. Un temps médidatif, très intérieur.....
RépondreSupprimer@ J.J. : Oh, merci ! Léo, bien sûr, comment oublier ses mots....bel écho ! j'en suis fort aise...
RépondreSupprimer@ Roger : Oh ! j'en suis bien désolée....pas de tristesse, j'espère, il n'est pas triste, mon Berry...il est....comme un chant grégorien entendu dans la brume, tu vois ? un songe....
RépondreSupprimerEn tout cas, merci de ton émotion, j'en suis très touchée...
@ Goupil18 : Merci, mon chéri, j'étais certaine que ça te parlerait. :)
RépondreSupprimer@ Fadette : Ah, mais oui, bien sûr ! septembre, Octobre, sont souvent magnifiques ! à preuve, la photographie que j'ai mise....:) Mais depuis la Toussaint, dis donc, qu'est-ce qu'on bouffe ! autant en faire un beau pouaime....c'était " l'humeur du jour", disons....la météo de l'âme du 14 novembre 2010....
RépondreSupprimerAnne, ma soeur Anne, que je t'aime quand tu fais usage de ton talent!
RépondreSupprimerNe le gaspille pas... et tu sais... le temps est court...ecris, je t'en supplie écris..
Pomme
Merci, Pomme ! En ce moment, je le fais mais....pour mon p'tit boulot ! Je suis lente à la production, c'est viscéral, ça, mais j'ai au moins des choses en route....:)
RépondreSupprimerElle a bien raison Pomme, ma belle Anne, écris, continue surtout !
RépondreSupprimerTon Berry doit être superbe, et ton poème lui rend magnifiquement hommage, avec cette petite pointe de tristesse de solitude, que je ressens aussi dans cette vie campagnarde, quand l'automne dans ses derniers feux annonce la froide solitude d'un hiver forcément trop long...
Bises !
Merci, Lulu ! Tristesse, pas vraiment, solitude, non plus - elle ne me pèse que très rarement, celle-là ! :)
RépondreSupprimerMais cette lumière grise et cette pluie incessante donnent une espèce d'atmosphère bien particulière, un peu étouffante, un peu écrasante, un peu mélancolique sans doute, qui "plombe" un peu l'ambiance....l'esprit s'égare alors vers le passé, l'attentisme, en quelque sorte tout se fige dans une sorte d'attente passive....un drôle de moment qui s'étire.....une langueur ! oui, c'est ça, une langueur. Tu vois ?
Comme quoi les "révolutionnaires", les révoltés, les rebelles sont autant de grands poètes...
RépondreSupprimerOh oui je vois bien ma belle,je partage ces impressions, merci de les exprimer si bien !
RépondreSupprimer@ J.Earthwood : merci beaucoup ! je ne me range pourtant pas dans les "grands"....je me contente d'essayer de traduire par des mots les sensations qui m'envahissent à certains moments.....
RépondreSupprimer@ Lulu : ah ! je me doutais bien que tu avais vécu ces impressions-là aussi, les soirs de grisaille.....:)
comme ils manquaient tous ces témoignages d'amour que toi seule sait glaner,
RépondreSupprimerrenfourche ta belle plume, ma sorcière bien aimée du Berry!
ça va lentement, mais ça va.....:)
RépondreSupprimertres oxygénant.... et si authentique !
RépondreSupprimerune fort belle plume !
A bientôt
Amélie
ah ! enfin .... tu te décides à faire usage de ta plume ;-) internet c'est bien mais on s'y éparpille et on y trouve des satisfactions à bon compte et on oublie un peu trop son interiorité... et son talent ! je dis comme Pomme !... vas-y ! je t'embrasse. Carole
RépondreSupprimerIl faut bien Novembre et la froidure qui suit de près pour qu'elle se refasse un peu le rimmel et les joues la pôvre, nature du Berry et d'ailleurs. Chez moi, il y a une quinzaine c'était douze centimètres de "peaux de lapins" pour blanchir un peu cette désolation obligée.
RépondreSupprimerJe ne le connais pas ton Berry Anne, mais il y souffle un vent de liberté qui renforce mes envies de ballades le nez en l'air à deviner les dessins des nuages ...c'est bô !bizzz
RépondreSupprimer@ Amélie : merci beaucoup ! c'est gentil de passer !
RépondreSupprimer@ Carole : oui oui, je fais ça. Moi aussi je t'embrasse. :)
@ MakesmewonderHum : Tu as raison ; c'est du reste la certitude de cette nécessité qui m'empêche la tristesse ; ce moment de l'année, je trouve, appelle à l'intériorité....et cette "figeance" dans laquelle nous sommes soudain plongés n'est ni sans charmes, ni sans utilité....
@ Rénica : Merci ! oui oui, couvre-toi bien et sors, sors, parce que le vent de novembre est incomparable, et qu'il faut le sentir passer sur ses rêves, c'est incontournable. bizz !
Nous avons tous au fond du coeur un Berry en Novembre que nous berçons selon nos humeurs conjuguées à celles du temps.
RépondreSupprimerLe tien, sous le couvert de tes mots, est tendre et poétique malgré ses jours sombres !
merci, Saravati : oui, c'est exact.....:)
RépondreSupprimermanque que la musique... alors j'imagine et je relis... bonne soirée !
RépondreSupprimermerci
Doume
Merci, Doume ! Les grues viennent de passer, tiens....
RépondreSupprimerOui, de la musique.....bonne idée !
Ton poème est très beau, Anne. Tu as de multiples talents, pour notre plus grand plaisir :-)
RépondreSupprimerQuant à moi, j'ai appris à ne pas aimer le mois de novembre, et ce n'est pas de la mélancolie...
Belle soirée à toi, Anne, et bon dimanche.
Je t'embrasse.
Tant mieux si c'est plus de la beauté que de la tristesse :))
RépondreSupprimerEt j'accepte toujours "shaton", sans souci ;)
Magnifique ton Berry, en toutes saisons. Mais n'oublie pas, c'est po-aime et non pou-aime.
RépondreSupprimer@ Françoise : Je t'embrasse aussi, Françoise, et merci....
RépondreSupprimerAh, Novembre est un mois difficile...heureusement, il tire à sa fin....
@ Shaton : :))
@ Rainette : Oui, chez vous. Ici, on va facilement dire "pou-aime", pour sourire, faire un clin d'oeil ironique,signaler qu'on ne se prend pas plus au sérieux que ça.....C'est un "private-joke" avec les copines du coin (qui passent et ne disent rien, les coquines !)
Je ne me lasse pas de venir le lire ton Berry automnal...
RépondreSupprimerBises, ma belle rebelle poète.
Blue
Bises, Blue, merci infiniment. :)
RépondreSupprimerBon, ce n'est pas tout ça mais quand est-ce que tu nous en refais un autre ?... Si j'en crois les opinions, tu fais l'humaninité. Alors, qu'attends-tu ?...
RépondreSupprimerC'est de la belle ouvrage, damoiselle Anne, on est emporté par le rythme et les images, le tout très soignés. Un peu de blanc peut-être, est venu depuis égayé le gris ?
RépondreSupprimerBises pour réchauffer
superbe !
RépondreSupprimer@ J.Earthwood : ça mijote doucement, je sens que ça poind.....:)
RépondreSupprimer@ Sophie : Oui, nous avons eu 20 cm de neige il y a peu, hélas fondue - ça valait le coup ! Merci de ton passage !
@ Jorge : je suis contente que ça te plaise, merci beaucoup !
coucou Anne...
RépondreSupprimerc'est vendredi !!
bonne fin de semaine et ... à très vite...
Doume
un petit coucou en passant par là...bizz
RépondreSupprimerAnne, ton "absence" me fait penser que je t'ai, peut-être, blessée.
RépondreSupprimerJe ne maîtrise pas toujours mes "flèches"...
@ Rénica : Merci ! bisous ! :)
RépondreSupprimer@ J.Earthwood : Blessée ? Où ? Quand ? Comment ? J'ai bien vu que tu avais publié, et les autres aussi du reste, mais depuis un bon mois, j'ai un peu perdu le fil....J'affronte l'hiver ! et ce n'est pas une mince affaire, crois-moi. Non, en fait, des tas d'occupations me tiennent loin du web, et puis je suis tellement fatiguée....J'ai tant de mal à garder d'énergie pour vivre chaque journée, que même mes "blogamis" sont en souffrance, actuellement. Je vais revenir, ça va prendre un peu de temlps, rattrapper mes retards, ça va en prendre aussi, et là,à te lire, je verrais ? C'est dans un de tes billets que tu penses m'avoir blessée ? j'ai du retard, chez toi....chez tout le monde, en fait.....
C'est....difficile, disons, en ce moment.....
Bon, quand un "ami" s'absente, il faut s'en inquiéter... J'espère juste que tout va bien pour toi ou, au moins, aussi bien que tu peux le souhaiter.
RépondreSupprimerA bientôt...
Un p'tit coucou par ici, damoiselle Anne, j'espère que tu vas bien et que tu reviendras causer ici de ce qui te tritures. Je te souhaite chauds et doux moments en cette fin d'année, auprès de ton musicien et des autres tiens, et je t'embrasse.
RépondreSupprimerAnne ? Tu dois bien être par là...je viens avec tous mes meilleurs vœux pour cette année 2011 qui approche. Qu'elle soit...vivante et inspirée, poétique et créatrice... d'un bout de l'an à l'autre.
RépondreSupprimerJe t'embrasse amicalement,
Roger
@ J.Earthwood : On fait ce qu'on peut, mais hélas, c'est loin d'être le top. Décembre est un des pires mois de l'année. Heureusement, ces foutues fêtes sont passées, ouf !
RépondreSupprimer@ Sophie : Joyeuses fêtes de fin d'année, Sophie, oui, je vais revenir, j'avais plus l'énergie de rien ces derniers tems.
@ Roger : Oui oui, je ne suis pas bien loin, jamais bien loin ! Meilleurs voeux à toi aussi, Roger, emporte-nous encore longtemps braver le temps dans la beauté !
Je t'embrasse tout aussi amicalement.